Des experts européens en cardiologie classent les meilleures diètes pour la prévention des maladies cardiovasculaires
Une importante déclaration scientifique de l'ESC synthétise les dernières données probantes sur l'alimentation, les nutriments et les habitudes alimentaires pour la prévention des maladies cardiovasculaires.
Résumé
Une déclaration scientifique de 2025 de la Société européenne de cardiologie passe en revue les données probantes sur l'alimentation et le risque de maladies cardiovasculaires (MCV). Les régimes à base de plantes riches en aliments peu transformés réduisent le risque de MCV, tandis que les aliments ultra-transformés, la consommation excessive de viande, le sel, le sucre et les graisses saturées l'augmentent. Les régimes méditerranéen, DASH et végétarien présentent un bénéfice clairement établi ; les régimes végétaliens n'offrent pas d'avantage supplémentaire. Les régimes à faible teneur en glucides semblent prometteurs, mais leur bénéfice à long terme reste à confirmer. Les stratégies de jeûne et une répartition équilibrée des repas dans la journée montrent des effets favorables. Une consommation modérée de café est sans danger ; une unité d'alcool par jour pourrait modestement réduire le risque de MCV. Les compléments en vitamines et minéraux ne présentent globalement pas de bénéfice, bien qu'un apport élevé en potassium soit bénéfique et qu'un apport élevé en sodium soit néfaste. La déclaration invite les cliniciens à intégrer l'évaluation des habitudes alimentaires dans le suivi cardiovasculaire de routine.
Résumé détaillé
Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde, et l'alimentation constitue l'un des facteurs de risque les plus modifiables. Pourtant, de nombreux professionnels de santé ne disposent pas d'un cadre clair et fondé sur les preuves pour le conseil diététique. Cette déclaration scientifique de l'Association européenne de cardiologie préventive comble cette lacune en synthétisant les recherches actuelles sur les régimes alimentaires, les aliments spécifiques et les nutriments particuliers.
La revue a évalué l'impact des régimes alimentaires, d'aliments spécifiques, de vitamines, de minéraux et de composés bioactifs d'origine végétale sur les biomarqueurs de risque de maladies cardiovasculaires. Les données probantes sont issues de recherches existantes plutôt que d'un nouvel essai clinique, ce qui fait de ce document une évaluation exhaustive des preuves et un guide de pratique clinique.
Les principaux résultats confirment que les régimes alimentaires à base de plantes — en particulier le régime méditerranéen et le régime DASH — sont régulièrement associés à une réduction du risque de maladies cardiovasculaires. Les régimes végétariens présentent également un bénéfice, tandis que les régimes végétaliens n'ont montré aucun avantage supplémentaire par rapport aux autres approches privilégiant les végétaux. Les aliments ultra-transformés, les viandes rouges et transformées, l'excès de sodium, les sucres ajoutés et les graisses saturées ont été associés à une élévation du risque cardiovasculaire. Les régimes pauvres en glucides peuvent être bénéfiques, mais nécessitent des études à plus long terme. Les stratégies de jeûne intermittent et de restriction temporelle des prises alimentaires peuvent réduire le risque cardiovasculaire, bien que l'observance reste un défi pratique. Une consommation modérée de café ne présente aucun risque cardiovasculaire, et la consommation d'une boisson alcoolisée par jour pourrait être associée à un léger effet protecteur.
En ce qui concerne la supplémentation, les données probantes sont globalement non significatives : les vitamines et minéraux sous forme de compléments ne réduisent pas le risque cardiovasculaire pour la majorité des personnes. Un apport alimentaire élevé en potassium est bénéfique chez les individus en bonne santé, tandis qu'une consommation élevée de sodium est clairement néfaste.
Les implications cliniques sont considérables : les cardiologues, les infirmiers et les professionnels de santé paramédicaux sont encouragés à évaluer systématiquement l'alimentation de leurs patients et à leur prodiguer des conseils nutritionnels fondés sur les preuves, en tant que composante essentielle des stratégies de prévention cardiovasculaire.
Principales conclusions
- Mediterranean and DASH diets consistently reduce CVD risk; vegan diets offer no additional benefit over vegetarian approaches.
- Ultra-processed foods, saturated fat, excess sodium, and red meat are associated with increased cardiovascular risk.
- Fasting strategies (intermittent, time-restricted, alternate-day) can reduce CVD risk but face adherence challenges.
- Vitamin and mineral supplementation generally does not reduce CVD risk; high potassium intake is beneficial.
- Moderate coffee consumption is safe; one alcohol unit per day may modestly lower cardiovascular risk.
Méthodologie
Il s'agit d'une déclaration scientifique — un document structuré de revue des données probantes et de consensus d'experts — et non d'un essai clinique primaire ou d'une méta-analyse. Les auteurs ont évalué les recherches existantes sur les régimes alimentaires, les aliments spécifiques et les micronutriments en relation avec les biomarqueurs de risque de maladies cardiovasculaires. Aucune nouvelle collecte de données n'a été réalisée.
Limites de l'étude
Cette affirmation repose sur une analyse des données existantes, qui varient considérablement en termes de conception des études, de durée et de populations étudiées, ce qui limite la portée des conclusions causales. Les effets à long terme des régimes pauvres en glucides et des protocoles de jeûne restent insuffisamment caractérisés. Le bénéfice modeste attribué à la consommation d'une boisson alcoolisée par jour doit être interprété avec prudence, compte tenu de l'évolution des données probantes sur le lien entre l'alcool et le risque de cancer.
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