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Un inhibiteur JAK/STAT prévient les complications létales du paludisme chez des souris déficientes en glucocorticoïdes

Une étude révèle comment la signalisation du récepteur aux glucocorticoïdes prévient l'hypoglycémie mortelle dans le paludisme et identifie le ruxolitinib comme thérapie potentielle.

samedi 11 avril 2026 5 vues
Publié dans EMBO Mol Med
Microscopic view of red blood cells with malaria parasites alongside molecular structures of JAK/STAT proteins and glucose molecules

Résumé

Des chercheurs ont découvert que la signalisation via le récepteur aux glucocorticoïdes (GR) est essentielle à la survie lors d'une infection palustre. Lorsque le GR a été supprimé chez des souris, celles-ci ont développé une hypoglycémie létale et une inflammation excessive au cours d'une infection à *Plasmodium chabaudi*, malgré des niveaux parasitaires normaux. L'étude a montré que le GR supprime normalement l'activation de la voie JAK/STAT et qu'en son absence, cette voie devient hyperactive, entraînant un dysfonctionnement métabolique sévère. Le traitement par le ruxolitinib, un inhibiteur de la voie JAK/STAT, a permis d'éviter la mort en rétablissant une glycémie normale et en contrôlant l'inflammation, ce qui suggère une nouvelle approche thérapeutique pour les complications graves du paludisme.

Résumé détaillé

Cette étude pionnière révèle un mécanisme essentiel sous-jacent à la tolérance aux maladies dans le paludisme et identifie un nouveau traitement potentiel contre les complications graves. Les chercheurs ont utilisé des souris génétiquement modifiées dépourvues du récepteur aux glucocorticoïdes (GR) pour comprendre comment les hormones de stress protègent contre la sévérité du paludisme.

L'équipe a infecté des souris normales et des souris déficientes en GR avec Plasmodium chabaudi, un parasite du paludisme des rongeurs qui ne provoque généralement que des symptômes bénins. Alors que toutes les souris normales ont survécu, environ 50 % des souris déficientes en GR sont mortes entre les jours 10 et 13 après l'infection, malgré des charges parasitaires identiques. La différence clé était que les souris déficientes en GR développaient une hypoglycémie sévère et une inflammation non maîtrisée.

Une analyse métabolique détaillée a révélé que les souris déficientes en GR présentaient un dysfonctionnement sévère du métabolisme du glucose. Leurs foies et rates montraient une augmentation de l'absorption du glucose, un épuisement du glycogène et une réduction de la production de glucose par la néoglucogenèse. Ce chaos métabolique était provoqué par une suractivation de la voie de signalisation JAK/STAT, en particulier STAT3, qui aide normalement les cellules à répondre aux cytokines, mais devenait excessive en l'absence de régulation par le GR.

Les chercheurs ont ensuite vérifié si le blocage de la voie JAK/STAT suractivée pouvait sauver les souris. Le traitement par ruxolitinib, un inhibiteur de JAK1/2 approuvé par la FDA et utilisé contre certains cancers du sang, a considérablement amélioré la survie en prévenant l'hypoglycémie et en contrôlant l'inflammation. Fait important, le médicament n'a pas affecté les niveaux de parasites, confirmant qu'il agissait par des mécanismes de tolérance de l'hôte plutôt que par des effets antipaludéens directs.

Ces résultats ont des implications significatives pour la compréhension et le traitement du paludisme grave. L'hypoglycémie est un facteur prédictif majeur de décès chez les patients humains atteints de paludisme, en particulier les enfants, et les traitements actuels sont limités. L'étude suggère que les inhibiteurs de JAK/STAT tels que le ruxolitinib pourraient servir de thérapies adjuvantes pour prévenir les complications métaboliques pendant que les antipaludéens standard éliminent les parasites. Cela représente une approche novatrice axée sur le renforcement de la tolérance de l'organisme à l'infection, plutôt que sur la seule lutte directe contre le parasite.

Principales conclusions

  • Glucocorticoid receptor deletion caused 50% mortality in normally mild malaria infection
  • GR-deficient mice developed lethal hypoglycemia despite normal parasite levels
  • JAK/STAT pathway overactivation drove metabolic dysfunction and inflammation
  • Ruxolitinib treatment prevented death by restoring glucose homeostasis
  • Treatment worked through host tolerance, not direct antimalarial effects

Méthodologie

Les chercheurs ont utilisé des souris à knockout du GR inductible par le tamoxifène, infectées par *Plasmodium chabaudi* AS, en surveillant la survie, la parasitémie, la glycémie et les marqueurs métaboliques. L'activité de la voie JAK/STAT a été évaluée par analyse protéique et études d'expression génique.

Limites de l'étude

L'étude a utilisé des modèles murins qui peuvent ne pas être entièrement transposables au paludisme humain. L'espèce de paludisme spécifique (*P. chabaudi*) diffère des parasites du paludisme humain. Les effets à long terme de l'inhibition de la voie JAK/STAT au cours de l'infection nécessitent des investigations supplémentaires.

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