Un vaste essai montre que l'association budésonide-surfactant ne parvient pas à prévenir les maladies pulmonaires chez les prématurés
Une grande étude portant sur 641 nourrissons extrêmement prématurés ne trouve aucun bénéfice à l'ajout d'un corticostéroïde au traitement par surfactant pour prévenir la maladie pulmonaire chronique.
Résumé
Un grand essai randomisé a testé si l'ajout du stéroïde budésonide au traitement par surfactant pouvait prévenir la dysplasie bronchopulmonaire (DBP), une grave maladie pulmonaire chronique, chez des nourrissons extrêmement prématurés. L'étude a recruté 641 nourrissons nés entre 22 et 28 semaines de gestation dans 17 centres médicaux américains. Les résultats n'ont montré aucune différence dans les taux de DBP ou de décès entre les nourrissons recevant du budésonide associé au surfactant (68,5 %) et ceux recevant le surfactant seul (67,9 %). L'essai a été interrompu prématurément lorsqu'une analyse intermédiaire a indiqué que le traitement était peu susceptible d'être bénéfique. Ces résultats contredisent de plus petites études antérieures qui laissaient supposer que cette association pourrait être utile.
Résumé détaillé
La dysplasie bronchopulmonaire (DBP) est une maladie pulmonaire chronique dévastatrice touchant les nourrissons extrêmement prématurés, entraînant des problèmes respiratoires à long terme et une mortalité accrue. De précédentes études de plus petite envergure avaient suggéré que l'association du stéroïde anti-inflammatoire budésonide au surfactant pourrait réduire le risque de DBP par rapport au surfactant seul.
Cet important essai contrôlé randomisé, mené dans 17 centres du Neonatal Research Network américain, a évalué si l'administration intratrachéale précoce de budésonide (0.25 mg/kg) mélangé au surfactant pouvait prévenir la DBP ou le décès avant 36 semaines d'âge postmenstruel chez des nourrissons extrêmement prématurés. L'étude a recruté des nouveau-nés nés entre 22 et 28 semaines de gestation ou pesant entre 401 et 1 000 grammes, ayant nécessité un traitement par surfactant dans les 50 heures suivant la naissance.
L'essai était conçu pour recruter 1 160 nourrissons, mais a été interrompu prématurément après l'inclusion de 641 bébés (55 % de l'effectif prévu), lorsqu'une analyse intermédiaire a atteint les critères de futilité préspécifiés. Le critère de jugement principal — DBP ou décès avant 36 semaines — est survenu chez 68,5 % des nourrissons recevant le budésonide associé au surfactant, contre 67,9 % dans le groupe surfactant seul, sans différence significative (risque relatif ajusté 1,00, IC 95 % 0,90-1,11).
Les analyses secondaires n'ont révélé aucune différence concernant les taux de mortalité (15,3 % contre 13,2 %) ni la DBP parmi les survivants (62,9 % contre 63,0 %). En revanche, les nourrissons ayant reçu du budésonide ont présenté significativement plus d'hyperglycémie (66,7 % contre 49,8 %), un effet indésirable préoccupant susceptible d'affecter le développement cérébral et d'autres paramètres.
Ces résultats contredisent plusieurs essais antérieurs de plus petite taille et soulignent l'importance de mener des études de grande envergure et suffisamment puissantes avant d'adopter de nouveaux traitements. Ils suggèrent que cette approche particulière de prévention de la DBP chez les nourrissons extrêmement prématurés n'est pas efficace et pourrait être néfaste en raison de l'élévation de la glycémie qu'elle entraîne.
Principales conclusions
- No reduction in bronchopulmonary dysplasia or death with budesonide-surfactant combination (68.5% vs 67.9%)
- Trial stopped early after enrolling 641 of planned 1,160 infants due to futility
- Significantly increased hyperglycemia risk in budesonide group (66.7% vs 49.8%)
- No differences in mortality or BPD rates among survivors at 36 weeks
- Results contradict smaller previous studies suggesting benefit from steroid-surfactant combination
Méthodologie
Essai contrôlé randomisé en double aveugle mené dans 17 centres du Neonatal Research Network américain d'avril 2021 à juin 2024. Des nourrissons nés entre 22 et 28 semaines de gestation ont reçu soit du budésonide (0,25 mg/kg) mélangé à du surfactant, soit du surfactant seul, administré par sonde endotrachéale dans les 50 heures suivant la naissance.
Limites de l'étude
L'essai a été interrompu prématurément à 55 % du recrutement prévu, ce qui peut limiter la généralisabilité des résultats. L'étude a utilisé une dose et un calendrier d'administration spécifiques de budesonide qui peuvent ne pas refléter tous les protocoles de traitement possibles. Les effets à long terme sur le développement neurologique n'ont pas été évalués dans cette analyse.
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