L'aspirine à faible dose ne présente aucun bénéfice à long terme pour un vieillissement en bonne santé chez les personnes âgées
Une étude majeure révèle que l'aspirine ne prolonge pas l'espérance de vie en bonne santé chez les personnes âgées, remettant en question les espoirs d'une intervention anti-vieillissement simple.
Résumé
L'étude ASPREE-XT a suivi 15 633 adultes âgés pendant près d'une décennie afin de déterminer si l'aspirine à faible dose pouvait prolonger l'espérance de vie en bonne santé. Malgré les bénéfices théoriques découlant des propriétés anti-âge de l'aspirine, les chercheurs n'ont constaté aucun effet rémanent après l'arrêt du traitement, ni aucun bénéfice à long terme sur la prévention de la démence, du handicap ou du décès. L'étude remet en question l'hypothèse selon laquelle l'aspirine pourrait constituer une intervention simple en faveur du vieillissement en bonne santé chez les personnes âgées vivant en autonomie dans la communauté.
Résumé détaillé
Cette étude phare répond à une question cruciale dans la recherche sur le vieillissement : l'aspirine à faible dose peut-elle prolonger l'espérance de vie en bonne santé chez les personnes âgées ? Dans un contexte d'initiatives mondiales visant à augmenter l'espérance de vie en bonne santé, les chercheurs ont cherché à déterminer si les propriétés anti-inflammatoires connues de l'aspirine, ainsi que ses effets potentiels contre le vieillissement, pourraient bénéficier aux seniors.
L'étude observationnelle ASPREE-XT a suivi 15 633 adultes vivant en communauté (majoritairement âgés de 70 ans et plus) pendant une durée médiane de 4,3 ans après leur participation à l'essai randomisé ASPREE original. Les participants avaient précédemment pris soit 100mg d'aspirine quotidienne, soit un placebo pendant 4,7 ans. Les chercheurs ont mesuré l'« espérance de vie en bonne santé » comme la survie sans démence, sans handicap physique persistant ni décès.
Les résultats sont sans appel. Aucun effet légacy n'a été observé suite à la prise antérieure d'aspirine (34,4 vs 33,7 événements pour 1 000 personnes-années dans les groupes aspirine vs placebo). Sur près d'une décennie de suivi total, l'aspirine n'a démontré aucun bénéfice à long terme sur l'espérance de vie en bonne santé (HR 1,01), la prévention des décès (HR 1,06), ni sur les composantes individuelles telles que la démence ou le handicap. Il est à noter que l'aspirine a été associée à une augmentation de 24 % du risque d'événements hémorragiques majeurs sur le long terme.
Ces résultats sont significatifs car ils remettent définitivement en question l'hypothèse selon laquelle l'aspirine pourrait constituer une intervention simple et accessible pour favoriser un vieillissement en bonne santé. Malgré des données de laboratoire montrant les propriétés anti-sénescence de l'aspirine et sa capacité à réduire les marqueurs du vieillissement cellulaire, ces bénéfices ne se sont pas traduits par une amélioration concrète de l'espérance de vie en bonne santé chez les personnes âgées.
La force de cette étude réside dans son large effectif, sa longue durée et sa méthodologie rigoureuse, avec une adjudication des résultats réalisée par des experts en aveugle. Cependant, les participants étaient en relativement bonne santé au départ, de sorte que les résultats pourraient ne pas s'appliquer aux personnes présentant des problèmes de santé préexistants, qui pourraient bénéficier des effets protecteurs cardiovasculaires de l'aspirine.
Principales conclusions
- No legacy effect of aspirin on healthy lifespan after stopping treatment
- No long-term benefits over nearly 10 years of follow-up for dementia, disability, or death
- 24% increased risk of major bleeding events with long-term aspirin use
- Results challenge aspirin as a simple anti-aging intervention for healthy seniors
Méthodologie
Suivi observationnel de participants à des essais contrôlés randomisés. 15 633 adultes suivis pendant une médiane de 4,3 ans après l'essai, avec des critères de jugement évalués par des experts et une analyse en intention de traiter utilisant des modèles de risques proportionnels de Cox.
Limites de l'étude
La population étudiée était relativement en bonne santé au départ, ce qui pourrait limiter la généralisabilité des résultats. L'observance de la prise d'aspirine pendant la phase d'essai était modérée (63 %). Les résultats peuvent ne pas s'appliquer aux personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire qui pourraient bénéficier des effets protecteurs établis de l'aspirine.
Ce résumé vous a plu ?
Recevez les dernières recherches sur la longévité dans votre boîte de réception chaque semaine.
Saisissez votre e-mail pour vous abonner :
