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La mélatonine réduit le risque de delirium en réanimation de 28 % et raccourcit les séjours hospitaliers

Une méta-analyse portant sur 32 essais suggère que la mélatonine pourrait réduire le délire, améliorer la qualité du sommeil et raccourcir les séjours en unité de soins intensifs chez les patients en état critique.

samedi 11 juillet 2026 1 vue
Publié dans Crit Care Med
Glowing melatonin molecular structure floating above a dimly lit ICU room with monitors and a resting patient at night.

Résumé

Une revue systématique et méta-analyse portant sur 32 essais randomisés impliquant près de 3 900 patients en soins intensifs a révélé que la supplémentation en mélatonine pourrait réduire le délire de 28 %, raccourcir la durée de séjour en soins intensifs d'environ une demi-journée, et améliorer la qualité du sommeil autodéclarée. Les patients en état critique présentent fréquemment une production de mélatonine sévèrement perturbée, ce qui fait de la supplémentation exogène une intervention logique. Le niveau de preuve a été évalué comme faible en raison du risque de biais et de l'hétérogénéité entre les essais, mais il est rassurant de constater que la mélatonine n'a pas augmenté les événements indésirables. La mortalité et les résultats fonctionnels après le séjour en soins intensifs sont restés incertains. Les chercheurs appellent à des essais plus larges et bien conçus pour établir la posologie optimale, le moment d'administration et les populations de patients cibles avant toute adoption clinique à grande échelle.

Résumé détaillé

La mélatonine est surtout connue comme hormone du sommeil, mais elle régule également les rythmes circadiens, module la fonction immunitaire et agit comme un puissant antioxydant. En soins intensifs, ces systèmes sont gravement perturbés — et la mélatonine elle-même ne fait pas exception. Des études ont régulièrement montré que les patients en état critique produisent beaucoup moins de mélatonine endogène que les individus en bonne santé, soulevant la question de savoir si une supplémentation pourrait améliorer significativement les résultats cliniques.

Cette revue systématique et méta-analyse a regroupé les données de 32 essais contrôlés randomisés portant sur 3 895 patients adultes hospitalisés en soins intensifs. Les chercheurs ont comparé la supplémentation en mélatonine à l'absence de mélatonine sur un ensemble de critères de jugement centrés sur le patient, en appliquant le cadre GRADE pour évaluer la certitude des preuves.

Le résultat principal : la mélatonine a réduit le risque de delirium de 28 % (RR 0,72 ; IC 95 %, 0,58–0,89). Elle a également légèrement raccourci la durée de séjour en soins intensifs d'environ une demi-journée et amélioré la qualité de sommeil perçue. Fait notable, la mélatonine n'a pas augmenté les événements indésirables — un signal de sécurité important compte tenu des préoccupations relatives à la sédation et à l'immunosuppression chez des patients fragilisés.

Cependant, les preuves ont été évaluées comme étant de faible certitude pour la plupart des critères de jugement, déclassées en raison d'un risque de biais significatif dans les essais inclus et d'une incohérence des résultats. Les critères incluant l'anxiété, l'agitation, l'incidence du syndrome de stress post-traumatique, les éveils nocturnes, la mortalité en soins intensifs et l'état fonctionnel après les soins intensifs sont restés incertains, avec des niveaux de certitude très faibles à faibles.

Pour les lecteurs soucieux de longévité, cette recherche met en évidence comment la perturbation des rythmes circadiens — une caractéristique commune du vieillissement et des maladies critiques — pourrait être partiellement atténuée grâce à un complément largement disponible et peu coûteux. Ces résultats renforcent le rôle multi-systémique de la mélatonine au-delà du sommeil. Néanmoins, les cliniciens devraient attendre des preuves de plus haute certitude avant de standardiser les protocoles de mélatonine en soins intensifs, et les futurs essais devront clarifier la dose optimale, le moment d'administration et les sous-groupes de patients qui en bénéficient le plus.

Principales conclusions

  • Melatonin reduced ICU delirium risk by 28% (RR 0.72) across 32 randomized trials.
  • ICU length of stay was shortened by approximately 0.57 days with melatonin supplementation.
  • Self-reported sleep quality improved significantly (SMD 0.54) with melatonin use.
  • Melatonin did not increase adverse events, supporting a favorable safety profile in critically ill patients.
  • Evidence certainty was rated low due to bias and inconsistency; mortality outcomes remained uncertain.

Méthodologie

Il s'agissait d'une revue systématique et méta-analyse de 32 essais contrôlés randomisés (n=3 895) comparant la mélatonine exogène à l'absence de mélatonine chez des patients adultes en unité de soins intensifs, issus de cinq bases de données électroniques. Les données ont été regroupées à l'aide d'un modèle à effets aléatoires et rapportées sous forme de risques relatifs, de différences moyennes et de différences moyennes standardisées. La certitude des preuves a été évaluée à l'aide du cadre GRADE.

Limites de l'étude

Tous les critères de jugement principaux ont été évalués avec un niveau de certitude faible ou très faible, en raison du risque de biais au sein des essais individuels et de l'hétérogénéité entre les études. La dose optimale de mélatonine, le moment d'administration et la formulation variaient d'un essai à l'autre, ce qui limitait les comparaisons directes. Des critères tels que la mortalité en unité de soins intensifs et l'état fonctionnel à long terme restaient insuffisamment documentés pour permettre des conclusions fermes.

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