La plasmaphérèse ne montre aucun bénéfice anti-âge dans la première étude humaine sur les horloges épigénétiques
Des chercheurs tchèques découvrent que le retrait du plasma pourrait en réalité accélérer les marqueurs du vieillissement biologique, malgré l'élimination des facteurs inflammatoires.
Résumé
Un essai clinique tchèque a testé si la plasmaphérèse (élimination du plasma) pouvait ralentir le vieillissement en éliminant les facteurs circulants nocifs. Quarante et un adultes en bonne santé âgés de 40 à 60 ans ont subi soit 4, soit 8 séances d'élimination plasmatique sur 18 semaines. Bien que la procédure ait effectivement réduit le cholestérol, les triglycérides et les marqueurs inflammatoires, les mesures par horloge épigénétique n'ont montré aucun rajeunissement. Au contraire, les participants ont présenté une augmentation du DNAmGrimAge et d'autres biomarqueurs du vieillissement, ce qui laisse supposer que l'intervention aurait pu accélérer le vieillissement biologique plutôt que le ralentir.
Résumé détaillé
Cette étude pionnière représente le premier essai clinique humain examinant les effets de la plasmaphérèse sur les marqueurs de vieillissement épigénétique. La recherche aborde une question cruciale en science de la longévité : le retrait de facteurs potentiellement nocifs du plasma sanguin peut-il ralentir le vieillissement biologique ?
Des chercheurs de l'université Charles ont mené un essai croisé avec 41 donneurs de sang en bonne santé âgés de 40 à 60 ans. Les participants ont effectué soit 4, soit 8 séances de plasmaphérèse sur 18 semaines, selon les protocoles standard de don de sang. L'équipe a mesuré des biomarqueurs complets incluant plusieurs horloges épigénétiques (DNAmAge, DNAmGrimAge, horloge de Hannum, Dunedin Pace of Aging), ainsi que des paramètres biochimiques et hématologiques.
L'intervention a modifié avec succès les facteurs circulants associés au vieillissement. Les participants ont présenté des réductions significatives du cholestérol total, des triglycérides, de l'apolipoprotéine A et des protéines totales. Ces changements concordent avec les bénéfices théoriques attendus du retrait de molécules pro-vieillissement de la circulation, similaires aux résultats prometteurs observés dans les études animales.
Cependant, les résultats concernant le vieillissement épigénétique sont préoccupants. Plutôt que de montrer un rajeunissement, les participants ont présenté des augmentations du DNAmGrimAge (un prédicteur de l'espérance de vie et de l'espérance de vie en bonne santé), de l'horloge de Hannum et du Dunedin Pace of Aging. Ces résultats suggèrent que l'intervention pourrait avoir accéléré les processus de vieillissement biologique, malgré le retrait de facteurs inflammatoires.
Les implications de cette étude dépassent la plasmaphérèse et concernent plus largement les stratégies anti-vieillissement. Si le retrait de facteurs circulants nocifs reste théoriquement fondé, cette recherche met en lumière la complexité de la biologie du vieillissement et le risque de conséquences non intentionnelles. Ces résultats remettent en question les hypothèses relatives aux interventions à base de plasma et soulignent la nécessité de soumettre les thérapies anti-vieillissement à des essais humains rigoureux avant toute mise en œuvre clinique.
Principales conclusions
- Plasmapheresis increased DNAmGrimAge and other epigenetic aging markers despite removing pro-aging factors
- Significant reductions in cholesterol, triglycerides, and inflammatory proteins occurred within 18 weeks
- No epigenetic rejuvenation was observed across multiple aging clock measurements
- Red cell distribution width and mean corpuscular hemoglobin concentration increased
- First human study to examine plasmapheresis effects on epigenetic aging markers
Méthodologie
Essai croisé portant sur 41 adultes en bonne santé âgés de 40 à 60 ans, soumis à 4 ou 8 séances de plasmaphérèse sur 18 semaines. Plusieurs horloges épigénétiques ont été mesurées parallèlement à des paramètres biochimiques et hématologiques complets, selon des protocoles standard de don de sang.
Limites de l'étude
Une durée relativement courte de 18 semaines peut ne pas capturer les effets à long terme. La petite taille de l'échantillon et la population de donneurs de sang à leur premier don peuvent limiter la généralisabilité. Les protocoles de don standard n'ont pas été optimisés pour des résultats anti-vieillissement.
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