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Le travail posté accélère le vieillissement biologique jusqu'à 2 ans selon une vaste étude britannique

Une analyse portant sur 195 000 travailleurs révèle que le travail posté accélère significativement le vieillissement biologique, les équipes de nuit présentant les effets les plus marqués.

mardi 31 mars 2026 3 vues
Publié dans Geroscience
Split-screen showing a bright office during day versus dimly lit workplace at night, with clock faces showing different times overlaid

Résumé

Une importante étude du UK Biobank portant sur 195 419 travailleurs a révélé que le travail posté accélère significativement le vieillissement biologique. Les chercheurs ont utilisé deux algorithmes de vieillissement validés pour démontrer que les travailleurs postés, en particulier ceux travaillant de nuit, présentaient un vieillissement biologique plus rapide que les travailleurs de jour. Les effets étaient les plus marqués chez les travailleurs plus jeunes, les hommes, ainsi que chez les personnes souffrant d'un mauvais sommeil ou d'un IMC élevé. Les travailleurs de nuit affichaient la plus forte accélération, suivis par ceux ayant des horaires décalés irréguliers. L'étude suggère que la perturbation des rythmes circadiens liée au travail posté pourrait accélérer les processus de vieillissement cellulaire.

Résumé détaillé

Le travail posté affecte des millions de personnes dans le monde, mais son impact sur le vieillissement biologique est resté mal compris. Cette étude approfondie comble une lacune importante en examinant si les horaires de travail non standards accélèrent le processus de vieillissement au niveau cellulaire.

Les chercheurs ont analysé les données de 195 419 participants de la UK Biobank (âge moyen 52,7 ans, 49,1 % d'hommes) qui étaient employés ou indépendants. Ils ont mesuré l'âge biologique à l'aide de deux algorithmes validés : la méthode Klemera-Doubal de l'âge biologique (KDM-BA) et l'âge phénotypique (PhenoAge). L'accélération de l'âge biologique (BAA) a été calculée en comparant l'âge biologique à l'âge chronologique. Parmi les participants, 31 495 (16,1 %) étaient des travailleurs postés et 15 925 (8,1 %) travaillaient de nuit.

Les résultats ont révélé des associations significatives entre le travail posté et l'accélération du vieillissement biologique. Toutes les formes de travail posté ont augmenté la BAA, les postes de nuit présentant les effets les plus marqués. Les travailleurs de nuit permanents affichaient la plus forte accélération de l'âge biologique, suivis de ceux aux horaires décalés irréguliers. L'étude a constaté que les travailleurs postés étaient plus susceptibles de souffrir de maladies chroniques, d'adopter des modes de vie peu sains et de présenter une mauvaise qualité de sommeil par rapport aux travailleurs de jour.

Les analyses de sous-groupes ont révélé d'importantes variations de risque. Les travailleurs plus jeunes, les hommes et les personnes présentant un IMC élevé ou une mauvaise qualité de sommeil ont montré une plus grande vulnérabilité à l'accélération du vieillissement liée au travail posté. Notamment, les hommes présentaient des risques plus élevés d'accélération de la KDM-BA avec les postes de nuit irréguliers et permanents, tandis que les femmes affichaient des risques accrus d'accélération de la PhenoAge spécifiquement avec les postes du soir et du week-end.

Ces résultats ont des implications importantes pour la politique de santé au travail et la gestion individuelle de la santé. L'étude suggère que la perturbation du rythme circadien induite par le travail posté pourrait accélérer les processus fondamentaux du vieillissement, augmentant potentiellement les risques pour la santé à long terme. Ces travaux plaident en faveur de meilleures pratiques d'organisation du travail et d'interventions ciblées pour les populations à risque élevé, en mettant particulièrement l'accent sur l'optimisation du sommeil et la santé métabolique des travailleurs postés.

Principales conclusions

  • Shift work significantly accelerated biological aging across two validated aging algorithms
  • Night shift workers showed the strongest biological age acceleration effects
  • Males and younger workers were more susceptible to shift work-related aging
  • Poor sleep and high BMI amplified the aging acceleration effects
  • Irregular shift patterns caused greater aging acceleration than regular shifts

Méthodologie

Étude transversale en population utilisant les données de la UK Biobank portant sur 195 419 participants en activité professionnelle. L'âge biologique a été mesuré à l'aide des algorithmes KDM-BA et PhenoAge, l'accélération étant calculée comme les résidus de la régression sur l'âge chronologique.

Limites de l'étude

La conception transversale empêche toute inférence causale. Les données autodéclarées sur le travail posté peuvent introduire un biais. La population étudiée était majoritairement de souche britannique blanche, ce qui limite la généralisabilité à d'autres groupes ethniques.

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