Les survivants du cancer présentent un vieillissement biologique accéléré selon plusieurs indicateurs
Une vaste étude révèle que les survivants du cancer ont un âge biologique plus élevé que les individus sans cancer, les prédictions de mortalité les plus robustes provenant des horloges épigénétiques.
Résumé
Des chercheurs ont analysé neuf mesures différentes du vieillissement biologique chez près de 6 000 participants de la Health and Retirement Study, en comparant des survivants du cancer à des témoins sans cancer. Les survivants du cancer présentaient un vieillissement biologique accéléré selon plusieurs mesures, notamment les horloges épigénétiques, l'âge phénotypique et l'âge subjectif. L'horloge épigénétique GrimAge a montré l'association la plus forte avec le risque de mortalité chez les survivants du cancer, chaque augmentation d'un écart-type étant associée à un risque de décès supérieur de 80 %. Ces résultats suggèrent que les mesures de l'âge biologique pourraient aider à identifier les survivants du cancer présentant le risque le plus élevé de mauvais résultats.
Résumé détaillé
Cette étude approfondie a examiné si les survivants du cancer connaissent un vieillissement biologique accéléré par rapport aux personnes sans cancer, en s'appuyant sur les données de la Health and Retirement Study, une étude représentative à l'échelle nationale. Les chercheurs ont analysé neuf mesures du vieillissement différentes chez 5 501 participants, dont 946 survivants du cancer et 4 555 témoins.
L'étude a évalué trois catégories de mesures du vieillissement biologique : les horloges épigénétiques basées sur les profils de méthylation du DNA (Horvath, Hannum, Levine, GrimAge, Zhang Score et le rythme de vieillissement basé sur la méthylation), les mesures fondées sur des biomarqueurs cliniques (l'âge biologique KDM et PhenoAge), ainsi que l'âge subjectif (le ressenti de son propre âge). Les survivants du cancer ont été suivis pendant quatre ans afin d'évaluer les résultats en termes de mortalité.
Les résultats ont montré que les survivants du cancer présentaient des âges biologiques significativement plus élevés selon plusieurs mesures. Plus particulièrement, l'horloge épigénétique GrimAge a démontré l'association la plus forte avec le risque de mortalité chez les survivants du cancer : chaque augmentation d'un écart-type correspondait à un risque de décès 80 % plus élevé sur quatre ans. PhenoAge et plusieurs autres horloges épigénétiques ont également montré des associations significatives avec la mortalité chez les survivants du cancer.
Fait notable, l'âge subjectif — le ressenti de son propre âge — était lui aussi plus élevé chez les survivants du cancer et associé à la prévalence du cancer, ce qui suggère que les perceptions psychologiques du vieillissement pourraient refléter des changements biologiques sous-jacents. L'étude a établi que 17,6 % des survivants du cancer avaient reçu une chimiothérapie, 35,2 % avaient subi une intervention chirurgicale et 16,6 % avaient bénéficié d'une radiothérapie.
Ces résultats ont des implications importantes pour la prise en charge des survivants du cancer. Les mesures du vieillissement biologique, en particulier les horloges épigénétiques telles que GrimAge, pourraient permettre d'identifier les survivants du cancer présentant le risque le plus élevé de mauvais résultats à long terme, et ainsi favoriser des interventions et des stratégies de suivi plus ciblées.
Principales conclusions
- GrimAge epigenetic clock showed 80% higher mortality risk per standard deviation in cancer survivors
- Cancer survivors had accelerated biological aging across multiple measures compared to controls
- Subjective age was significantly higher in cancer survivors and predicted cancer prevalence
- Multiple epigenetic clocks predicted mortality better in cancer survivors than clinical measures
- Biological age acceleration persisted even after adjusting for treatment and comorbidities
Méthodologie
Étude de cohorte prospective portant sur 5 501 participants du Health and Retirement Study (946 survivants du cancer, 4 555 témoins), suivis pendant 4 ans. Neuf mesures du vieillissement biologique ont été analysées à l'aide de pondérations d'enquête afin d'assurer la représentativité nationale.
Limites de l'étude
L'étude portait principalement sur des participants âgés et blancs, ce qui peut limiter la généralisabilité des résultats. Les types de cancer et les traitements étaient hétérogènes, et le schéma observationnel ne permet pas d'établir un lien de causalité entre le cancer et le vieillissement accéléré.
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