Brain HealthCommuniqué de presse

Un produit chimique plastique courant, le DEHP, associé à une anxiété persistante dès la vie intra-utérine

Une exposition précoce au DEHP, un plastifiant présent dans les produits du quotidien, a provoqué une anxiété durable chez des rats mâles — et le GABA ou la testostérone l'a inversée.

jeudi 18 juin 2026 8 vues
Publié dans ScienceDaily Brain
Article visualization: Common Plastic Chemical DEHP Linked to Lifelong Anxiety Starting in the Womb

Résumé

Une étude présentée à ENDO 2026 a révélé que des rats mâles exposés au DEHP — un plastifiant présent dans les dispositifs médicaux, les jouets et les rideaux de douche — pendant le développement prénatal et postnatal précoce manifestaient, à l'âge adulte, une anxiété significativement plus élevée. Même après la fin de l'exposition, les animaux évitaient les espaces ouverts et se figeaient plus fréquemment, deux marqueurs classiques de l'anxiété chez le rongeur. Fait notable, l'administration d'agonistes GABA ou de testostérone à ces rats avant les tests comportementaux a annulé les effets anxiogènes. Ces résultats suggèrent qu'une exposition précoce à des perturbateurs endocriniens tels que le DEHP pourrait altérer de façon permanente le développement cérébral et la régulation comportementale, avec des implications potentielles pour la santé mentale humaine compte tenu de l'omniprésence du DEHP dans la vie quotidienne.

Résumé détaillé

L'exposition à un additif plastique courant durant les premières phases du développement pourrait recâbler de façon permanente les circuits cérébraux de l'anxiété — avec des effets pouvant persister jusqu'à l'âge adulte. Telle est la conclusion centrale d'une nouvelle étude présentée à ENDO 2026, la conférence annuelle de l'Endocrine Society, par des chercheurs de la faculté de médecine de l'Université de Buenos Aires.

Le produit chimique en question est le di-(2-éthylhexyl) phtalate, ou DEHP, l'un des plastifiants les plus utilisés au monde. Il est ajouté aux plastiques pour en augmenter la souplesse et se retrouve dans des produits aussi variés que les tubulures médicales et les poches de perfusion, les jouets pour enfants, les rideaux de douche et les imperméables. Le DEHP est classé comme perturbateur endocrinien, car lui-même et ses métabolites interfèrent avec la signalisation hormonale dans de multiples systèmes organiques, notamment les systèmes reproducteur et nerveux.

Dans cette étude, des rates gestantes ont reçu des doses orales quotidiennes de DEHP, depuis le premier jour de la gestation jusqu'au sevrage. Lorsque les mâles issus de ces portées ont atteint l'âge adulte à 70 jours, ils ont été évalués à l'aide d'un labyrinthe en croix surélevé — un test comportemental standard pour mesurer l'anxiété. Les rats exposés au DEHP ont passé significativement moins de temps à explorer les bras ouverts, sont restés plus longtemps dans les bras fermés et ont présenté des comportements de figement plus fréquents que les animaux témoins, autant de marqueurs caractéristiques d'une anxiété élevée.

Fait crucial, les chercheurs ont constaté que l'administration d'agonistes GABA ou de testostérone avant les tests a complètement inversé ces comportements liés à l'anxiété. Cela désigne la signalisation GABAergique et les voies de la testostérone comme médiateurs probables des effets neuro-développementaux du DEHP, ouvrant ainsi des pistes thérapeutiques potentielles qui méritent d'être explorées plus avant.

Bien que l'étude ait été menée sur des rongeurs et ne puisse pas être directement extrapolée à l'être humain, ses implications sont significatives. L'exposition au DEHP est pour ainsi dire universelle dans les sociétés industrialisées. Le fait que les modifications comportementales aient persisté longtemps après la fin de l'exposition — et qu'elles aient été associées à une perturbation endocrinienne survenue durant une fenêtre critique du développement — soulève d'importantes questions quant aux effets de l'exposition aux substances chimiques durant la période prénatale sur la santé mentale à long terme. Des études de cohorte humaines visant à reproduire ces résultats sont urgemment nécessaires.

Principales conclusions

  • Prenatal and early postnatal DEHP exposure caused measurably higher anxiety in adult male rats long after exposure ended.
  • DEHP-exposed rats froze more often and avoided open spaces, classic rodent indicators of heightened anxiety.
  • Both GABA agonists and testosterone treatment fully reversed DEHP-associated anxiety behaviors in exposed rats.
  • DEHP is found in everyday items including medical devices, toys, and shower curtains, making exposure nearly universal.
  • Findings suggest endocrine-disrupting chemicals may alter brain development during critical prenatal windows with lasting effects.

Méthodologie

Voici un résumé d'une recherche présentée lors de la conférence ENDO 2026, publiée par The Endocrine Society — une organisation scientifique crédible. Les données probantes reposent sur une étude animale menée sur des rats mâles, dont les résultats comportementaux ont été évalués à l'aide du labyrinthe en croix surélevé (elevated plus maze). La publication dans une revue à comité de lecture de l'étude complète n'a pas encore été confirmée.

Limites de l'étude

Cette étude a été menée exclusivement sur des rats mâles et n'avait pas été publiée dans une revue à comité de lecture au moment de sa présentation ; elle a été communiquée lors d'une conférence. La transposition des résultats du rongeur à l'humain reste incertaine, et les doses spécifiques de DEHP utilisées peuvent ne pas refléter les niveaux d'exposition humaine typiques. Les sujets féminins n'ayant pas été étudiés, les effets propres à chaque sexe demeurent inconnus.

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