Les vitamines prénatales A, C, D et E ne montrent aucun effet sur le risque de diabète de type 1 chez l'enfant
Une large cohorte norvégienne de 85 000 enfants ne trouve aucun lien entre la prise de vitamines maternelles pendant la grossesse et le risque de diabète de type 1 chez les enfants.
Résumé
Des chercheurs ont suivi plus de 85 000 enfants issus de la cohorte norvégienne Mother and Child Cohort Study afin de déterminer si les mères ayant consommé davantage de vitamines A, C, D ou E pendant la grossesse avaient des enfants présentant des taux plus faibles de diabète de type 1. Sur une période de suivi allant jusqu'à près de 20 ans, 529 enfants ont développé un diabète de type 1. L'analyse statistique n'a révélé aucune association significative entre l'une ou l'autre des quatre vitamines — qu'elles proviennent de l'alimentation ou de compléments — et le risque de diabète de l'enfant. Ce résultat nul s'est maintenu même chez les enfants porteurs de variants génétiques à haut risque (HLA DQ2/DQ8). Bien que les vitamines jouent un rôle dans la régulation immunitaire et la défense antioxydante — deux mécanismes pertinents dans la pathogenèse du diabète de type 1 — cette étude à forte puissance statistique suggère que le statut vitaminique maternel, dans les plages d'apports alimentaires habituels, ne modifie pas de manière significative le risque de diabète auto-immun chez la descendance.
Résumé détaillé
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire détruit les cellules bêta productrices d'insuline. Son incidence est en hausse dans de nombreux pays, ce qui a suscité des recherches sur les facteurs environnementaux et nutritionnels susceptibles d'influencer le risque au cours du développement précoce. Les vitamines A, C, D et E sont des candidates plausibles au vu de leurs rôles dans la régulation immunitaire et la défense antioxydante — des mécanismes pertinents pour l'initiation des maladies auto-immunes.
Cette étude a analysé les données de 85 244 enfants nés en Norvège entre 2002 et 2009 dans le cadre de la Norwegian Mother, Father and Child Cohort Study (MoBa). Les apports alimentaires maternels de la conception jusqu'à 22 semaines de grossesse ont été évalués à l'aide d'un questionnaire de fréquence alimentaire validé. Les enfants ont été suivis via les registres nationaux jusqu'au 31 décembre 2021. Une régression de Cox à risques proportionnels a été utilisée pour estimer les rapports de risque après ajustement pour les facteurs de confusion potentiels.
Au cours du suivi, 529 enfants (0,6 %) ont reçu un diagnostic de diabète de type 1 à un âge moyen d'environ 9,4 ans. Aucune association significative n'a été observée pour la vitamine A (HR 0,993 par 100 μg), la vitamine C (HR 1,000 par 10 mg), la vitamine D (HR 0,991 par 1 μg) ou la vitamine E (HR 0,999 par 10 mg). Les résultats étaient cohérents que les vitamines proviennent de l'alimentation ou de compléments, et sont restés inchangés dans le sous-groupe génétiquement à haut risque HLA DQ2/DQ8.
Les implications sont significatives pour les cliniciens qui conseillent les femmes pendant la grossesse. Malgré une plausibilité biologique, augmenter l'apport de ces vitamines au-delà des niveaux alimentaires habituels ne semble pas réduire le risque de diabète auto-immun chez les enfants à naître. Ces résultats s'inscrivent dans un ensemble croissant de données probantes nulles dans ce domaine.
Les principales réserves incluent le plan d'étude observationnel, l'impossibilité de capturer les apports en vitamines au-delà de 22 semaines de grossesse, ainsi que le recours à des données alimentaires autodéclarées. Par ailleurs, ce résumé étant basé uniquement sur l'abstract, les ajustements détaillés des covariables et les analyses de sous-groupes ne peuvent pas être pleinement évalués.
Principales conclusions
- No association found between maternal vitamin A, C, D, or E intake during pregnancy and child type 1 diabetes risk.
- Null results held for both food-derived and supplemental vitamin sources separately.
- Findings were unchanged among genetically high-risk children carrying HLA DQ2 and/or DQ8 haplotypes.
- 529 of 85,244 children developed type 1 diabetes over up to 19 years of follow-up.
- Results align with prior evidence, supporting a pattern of null associations for prenatal vitamins and T1D.
Méthodologie
Étude de cohorte prospective en population générale utilisant la cohorte norvégienne Mère, Père et Enfant (MoBa), comprenant 85 244 enfants nés entre 2002 et 2009, avec un suivi jusqu'en décembre 2021. La consommation de vitamines maternelle a été évaluée à l'aide d'un questionnaire de fréquence alimentaire validé, de la conception jusqu'à 22 semaines de grossesse. Une régression de Cox à risques proportionnels a été utilisée pour estimer les associations, avec ajustement sur les facteurs de confusion pertinents.
Limites de l'étude
L'étude est observationnelle et ne permet pas d'établir de lien de causalité. La consommation de vitamines n'a été évaluée que jusqu'à 22 semaines de gestation, ce qui ne permet pas de prendre en compte les effets survenant en fin de grossesse. Les données alimentaires ont été auto-déclarées via un questionnaire de fréquence alimentaire, ce qui introduit des erreurs de mesure. Ce résumé est basé uniquement sur l'abstract ; la méthodologie complète et les détails relatifs aux covariables n'ont pas pu être examinés.
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